Barzakh marque sa rentrée littéraire avec trois ouvrages : résilience et création

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Barzakh marque sa rentrée littéraire avec trois ouvrages : résilience et création
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Les éditions Barzakh qui fêtent cette année deux décennies d’existence, ne pouvaient pas laisser 2020 se clôturer sans la marquer par l’édition de livres à la hauteur de ce qui a été accompli en 20 ans. Comme des petites lumières qui brillent dans cette année noire de Covid, trois ouvrages de Barzakh; deux beaux livres et un roman, illumineront ce novembre les journées moroses des amateurs des belles photos, du bon texte et de la bonne plume.

Tlemcen ou les lieux de l’écriture de Mohamed Dib et Fernand Pouillon et l’Algérie, Bâtir à hauteur d’homme de Daphné Bengoa et Léo Fabrizio accompagné d’un texte de Kaouther Adimi, deux beaux livres qui feront le bonheur des amateurs d’art contemporain et du bon clic alors qu’Un jour idéal pour mourir de Samir Kacimi, une traduction de l’arabe de Lotfi Nia, confirmera auprès du public francophone l’immense talent de l’écrivain qui n’est plus à présenter.

Résister

Pour Selma Hellal et Sofiane Hadjadj, les propriétaires des éditions Barzakh, l’édition de ces ouvrages est une preuve de résistance dans un monde culturel lourdement frappé par la crise sanitaire. Lors de la présentation des ouvrages, ce 23 novembre à la librairie l’Arbre à dires, le couple s’est d’abord arrêté sur les difficultés du monde de l’édition éprouvé par une crise qui perdure depuis près d’une année et le silence assourdissant des responsables du secteur. Alors 2020 était-elle pour autant une année à blanc? Pas totalement puisqu’il faut s’acquitter des redevances fiscales et parafiscales, payer ses employés et réfléchir aux meilleurs moyens de faire vivre le livre.

Et tant qu’à faire les Barzakh ont décidé de se remettre au boulot, trouver des solutions et reporter le programme qui devait être celui de leur année anniversaire à 2021. « Les projets sont sortis des boites » mais les problèmes restent entiers. L’absence d’aide des pouvoirs publics. Faute d’être écoutés en Algérie, les éditeurs peuvent remplacer l’aide étatique en ayant recours à une assistance des centres culturels et ONG étrangères. « Ce recours pose problème même si personne dans le monde de l’édition ne veut en parler », explique Sofiane Hadjadj pour qui la dépendance totale de l’aide étrangère pourrait compromettre la liberté d’entreprendre des éditeurs.    

Le bilan du naufrage de l’édition, Sofiane Hadjadj a tenté de le mesurer à travers une simple comparaison du nombre de livres édités pour la rentrée littéraire, qui d’habitude se situe entre fin août et le salon du livre. « A cette époque on a l’habitude de voir la sortie de près de 200 titres. Cette année on en est à une dizaine sans que cela ne semble inquiéter qui que ce soit », souligne t-il. « On ne peut pas assister à cet assèchement de la culture sans réagir », ajoute-t-il. C’est pourquoi, les Barzakh ont décidé de réagir à leur niveau et avec les moyens du bord en attendant des jours meilleurs. La braderie du livre tenue fin octobre à travers quelques librairies leur a permis d’écouler des stocks d’invendus mais surtout d’avoir un peu de trésorerie pour pouvoir réagir. La sortie de ces trois livres pour marquer leur propre rentrée et d’autres titres sur les planches avant la fin de l’année. A cela, se greffe le projet de l’organisation d’un mini-salon du livre d’ici le printemps.

Tenir le cap

Brazakh revient donc en cette fin d’année avec trois ouvrages par lesquels, la Maison d’édition propose aux Algériens « des histoires et des images qui disent le réel sans fard mais avec poésie ». En dépit de la sinistrose, il présente en cette fin d’année les trois titres qui « chacun à sa manière racontent une part d’Algérie: ancienne ou contemporaine, interrogeant l’histoire intime ou l’architecture de nos territoires, racontant avec humour la marge négligées oubliées de la société ».

Dib, Tlemcen et l’écriture

Barzakh a décidé une réédition augmentée de ce beau livre paru initialement en 1993 en France. Les instantanés photographiques pris par un Mohamed Dib âgé d’à peine 26 ans sont un regard inédit, des captures ingénieuses de la vie réelle restituées par un Algérien sur ses congénères dans un pays sous occupation. Mohamed Dib, qui n’était pas un écrivain notoire encore en 1946, raconte un demi-siècle plus tard comment ces images ont façonné l’auteur qu’il est devenu. « Des images bouleversantes et un texte délicat qui restituent la part manquante d’une mémoire lointaine », note à juste titre l’éditeur.

Fernand Pouillon et l’Algérie

L’autre beau livre édité par Brazakh n’est pas moins brillant que celui de Mohamed Dib. C’est une mixture singulière de photographies d’un architecte, Léo Fabrizio, d’une photographe, Daphné Bengoa enrichie par une histoire imaginée de l’écrivaine Kaouther Adimi sur une famille de l’une des cités œuvre de l’architecte le plus célèbre en Algérie Fernand Pouillon. Un projet d’art contemporain si bien exécuté qu’il peut être assimilé à un vrai petit bijou.

Kacimi à l’assaut du public francophone

Auteur dont la notoriété n’est plus à démontrer, Samir Kacimi qui écrit initialement en langue arabe, se fait traduire maintenant dans quatre langues. Ses romans séduisent un public de plus en plus large et les Barzakh ont décidé de présenter un deuxième roman au lectorat francophone. Après l’Amour au tournantUn jour idéal pour mourir, sélectionné au Booker Prize arabe en 2009, si bien restitué par le non moins talentueux traducteur Lotfi Nia, ne manquera pas de charmer le lecteur.

Tlemcen ou les lieux de l’écriture de Mohamed Dib, Coédition Images Plurielles (Marseille), 144 pages, 2200da
Fernand Pouillon et l’Algérie, Bâtir à hauteur d’homme de Daphné Bengoa et Léo Fabrizio accompagné d’un texte de Kaouther Adimi, Coédition Ed Macula (Paris), 192, Pages, 3200da
Un jour idéal pur mourir de Samir Kacimi, Tarduit par Lotfi Nia, 120 pages, 600da

24H Algérie vous fera découvrir davantage les trois ouvrages très prochainement

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