Conflit du barrage Renaissance : Alger offre une médiation entre l’Egypte, le Soudan et l’Ethiopie

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Conflit du barrage Renaissance : Alger offre une médiation entre l'Egypte, le Soudan et l'Ethiopie

La diplomatie algérienne entend jouer un rôle actif pour résoudre la crise autour du barrage éthiopien Renaissance. Une médiation semble être sur les bons rails.
Ramtane Lamamra, ministre algérien des Affaires étrangères et de la communauté nationale à l’étranger, est en tournée actuellement dans les pays concernés par la conflit autour du barrage Renaissance construit en Ethiopie et que le Soudan et l’Egypte dénoncent puisqu’il les privent de grandes quantités des eaux du Nil.


Un conflit qui peut évoluer en guerre ouverte, selon les experts.
Ce vendredi 30 juillet 2021, Ramtane Lamamra, est arrivé à Khartoum pour une visite de travail de deux jours, « en qualité d’envoyé Spécial du Président Abdelmadjid Tebboune ».


Rencontre Abdel Fattah Al-Burhan à Khartoum

Sur son compte twitter, il a salué son homologue Mariam Sadek al-Mahdi pour la qualité de l’accueil qu’elle lui a réservé.
Ramtane Lamamra aura des entretiens avec le général Abdel Fattah Al-Burhan, président du Conseil de Souveraineté, et Abdalla Hamdok, premier ministre.
A Khartoum, le chef de la diplomatie algérienne a rencontré Rosemary DiCarlo, secrétaire générale adjointe des Nations Unies chargée des affaires politiques et de la consolidation de la Paix, en visite au Soudan.


Selon l’agence APS, l’entretien a porté sur la coopération entre l’Algérie et l’ONU dans « la promotion des solutions politiques et pacifiques aux crises et conflits qui affectent la paix et la sécurité notamment au sein de la région du Maghreb, de l’espace sahélo-saharien, en Afrique et dans le monde arabe ».


Cela confirme donc que l’Algérie entend, en concertation avec l’ONU mais également avec l’Union africaine (UA), jouer un rôle de médiation pour essayer de trouver un terrain d’entente entre Khartoum, Addis Abeba et Le Caire.


Utilisation équitable et raisonnable de l’eau

A l’ONU, Rosemary DiCarlo suit le dossier du  Grand Barrage de la Renaissance en Ethiopie (GERD).
Elle mène des discussions, y compris dans un cadre informel, pour convaincre les trois pays en conflit à « trouver un accord » sur base de  la Déclaration de principes de 2015 qui contient l’engagement des trois pays  de  « respecter  la coopération, l’utilisation équitable et raisonnable de l’eau, la sécurité et le règlement pacifique des différends ».


 A Addis Abeba, où il était en visite avant Khartoum, Ramtane Lamamra a rencontré  Parfait Onanga-Anyanga, envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour la Corne de l’Afrique, et la représentante des Nations Unies auprès de l’UA, Hanna Tetteh.
Les entretiens ont, entre autres, porté sur le partenariat entre l’ONU et l’UA « dans la mise en œuvre de l’Agenda 2063″ dont l’objectif stratégique est la défense de la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’indépendance des États membres de l’UA ».


Améliorer l’efficacité du fonctionnement de l’Union africaine

Dans la capitale éthiopienne,  Ramtane Lamamra s’est entretenu également avec la vice-présidente de la Commission de l’Union africaine,Monique Nsanzabaganwa, à qui il a réitéré « le soutien de l’Algérie aux efforts visant à améliorer l’efficacité du fonctionnement de l’Organisation continental. Il a évoqué la nécessité d’inscrire ces efforts dans « le respect des buts et principes consacrés dans l’Acte Constitutif » de l’UA.


Le ministre des Affaires étrangères algériens a, selon l’APS, a tenu une séance de travail avec Adeoye Bankole, commissaire de l’UA en charge des affaires politiques et des questions de paix et de sécurité, au cours de laquelle les deux parties ont passé en revue « les situations de conflit et crise à travers le continent et les perspectives de leur règlement ».
Lamamra a rappelé la détermination de l’Algérie à appuyer l’action collective du continent « visant à faire taire les armes et à consacrer le principe des solutions africaines aux problèmes de l’Afrique ».


 La présidente de l’Ethiopie, Sahle-Work Zewde et son premier ministre Abiy Ahmed ont des discussions avec le chef de la diplomatie algérienne.


Lamamra bientôt en visite au Caire

« Nous avons discuté des actions communes sur la scène internationale, notamment dans le maintien de la paix et la sécurité », a écrit la présidente éthiopienne dans un tweet soulignant le rôle de médiation joué par l’Algérie pour régler le conflit entre l’Erythrée et l’Ethiopie, en 2000.
Sahle-Work Zewde  a confirmé que les discussions avec Ramtane Lamamra ont porté sur  »le remplissage du barrage de la Renaissance ».


Un remplissage qui inquiète autant Khartoum que Le Caire puisqu’il n’a pas été précédé entre les trois capitales.
Un responsable soudanais, qui a requis l’anonymat, a annoncé à l’agence turque Anadolu que le ministre algérien des Affaires étrangères a abordé avec les responsables du Soudan la question de « la médiation » dans le dossier du barrage.
Selon lui, Ramtane Lamamra ira au Caire pour aborder la même question avec les responsables égyptiens.


Le 8 juillet 2021, le Conseil de sécurité de l’ONU a, pour rappel, exigé la reprise des négociations entre les trois pays, sous l’égide de l’UA, pour parvenir à un accord contraignant pour toutes les parties et garantissant les droits de chaque pays.

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