Badis Diab, l’entrepreneur humaniste à la conquête du monde

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Badis Diab, fondateur de l'ONG Unity

Il y a quelques années, rien ne prédestinait le jeune entrepreneur Badis Diab à devenir un humaniste connu aux quatre coins du monde. Il portait parfaitement la casquette de businessman dans le domaine sportif. Sa startup « Galactik France », spécialisée dans l’accompagnement des jeunes talents sportifs, était à l’apogée de son succès. Pourtant, il décide d’amorcer un grand changement dans sa carrière. Le déclic : un voyage d’affaires au Ghana.

«En 2016, je suis parti au Ghana, dans le cadre des activités de mon entreprise, pour superviser des talents sportifs ghanéens. J’en ai profité pour faire un peu de tourisme, et découvrir ce pays que je ne connaissais pas. J’ai été frappé par l’état de misère de ce pays. La précarité dans laquelle vivaient les ghanéens m’a bouleversé. C’est toute ma conception du monde qui a changé» se souvient Badis.

À son retour France, Badis ne peut s’empêcher de remettre en question son mode de vie. Voir des gens vivre au-dessous du seuil de la pauvreté au Ghana, n’a pas été sans conséquence sur sa personnalité. Ce voyage ne sera pas seulement une prise de conscience, mais le début d’une vocation à laquelle il va se dévoue pleinement aujourd’hui.

«En rentrant en France, je crée la fondation éponyme Badis Diab. C’est une fondation panafricaine qui participe à l’amélioration de l’éducation dans les pays africains. Pendant trois ans la fondation a mené des actions notamment en Afrique subsaharienne et l’Afrique du Sahel. Je me suis ensuite rendu compte que je faisais du communautaire, et non pas de l’humanitaire, de par mes origines africaines. Sauf que la pauvreté et la faim, n’ont pas de frontières. C’est pour cette raison, qu’en 2019 j’ai créé l’ONG Unity, avec mon partenaire KARIM AMRANI, présente dans 55 pays à travers le monde» précise Badis.

Loin du modèle classique des actions humanitaires, qui consiste à envoyer des bénévoles dans des pays précis, Badis Diab travaille avec la population locale de chaque pays. Il est constamment en  contact avec «des ambassadeurs», qui reçoivent les dons et mènent les actions au nom de l’ONG Unity.

«Travailler avec la population locale est un atout. Ça nous permet d’identifier les besoins de manière efficace, mais aussi de mener à bien les actions. Chaque pays à ses spécificités culturelles, pour ne pas heurter la population, il est préférable que les enfants du pays en question s’en chargent. Par exemple, dans certains village au Pakistan, il est interdit de prendre des photos, alors que c’est très important pour nous. C’est la seule façon de montrer notre travail, et de se justifier auprès de nos donateurs. Quand on est face à ce genre de situation, le mieux est d’avoir une personne de cette région pour trouver une solution» souligne Badis.

Il ajoute que le choix des « ambassadeurs » ne se fait pas en fonction de la compétence mais du degré de motivation. Il précise que ça peut être des étudiants, des associations, des entreprises…etc.Grâce au représentant de l’ONG dans différents pays, les actions se font quotidiennement.

«À l’heure où je vous parle, nos partenaires à l’ile Tonga en Océanie, distribuent du matériel pour des personnes handicapées. Nous avons mené beaucoup d’actions envers les personnes à mobilité réduite. Dans beaucoup de pays ces personnes ne sont pas prises en charge. Si on prend à titre d’exemple le Zimbabwe, 10% de la population est en situation d’handicap, ce qui est énorme » informe Badis.

Depuis le début de la pandémie de Covid-19, l’ONG Unity a distribué des masques, des gans, installé des laves- mains dans les rues de plusieurs pays, participé au nettoyage des rues et bien d’autre actions afin de lutter contre la propagation du coronavirus.

Avant d’en arriver là, Badis Diab a eu un parcours assez atypique. Originaire de Constantine, ce jeune homme a entamé très jeune une carrière de footballeur. Son premier contrat, il l’a signe à 15 ans pour un club professionnel, l’AS Saint-Étienne. À vingt ans sa carrière prend fin brutalement suite à un accident.

«J’avais tout misé sur le sport, je n’avais pas anticipé cet accident. À 20 ans, je me retrouve sans diplôme, et les jours difficiles commencent. J’ai enchaîné les petits boulots, je touchais à peine le SMIC. Ça a duré plusieurs années. En 2013 je rencontre l’agent de football, l’Espagnol Marco Kirdemir, qui me propose de travailler avec lui en tant que conseiller » se souvient Badis.

Grâce à cette collaboration, Badis découvre le football business. En 2015, il décide de prendre son envol et créer le cabinet Galactik France spécialisé dans l’accompagnement des jeunes talents sportifs. Le succès arrive très vite, l’entreprise ouvre des filiales à l’étranger, et Badis est classé parmi les entrepreneurs les plus influents.

«Mes talents d’entrepreneur me permettent aujourd’hui de faire grandir mon ONG. Pour faire de la croissance, il est important d’avoir des compétences dans le management. Une entreprise humanitaire a besoin d’une feuille de route pour perdurer ».

L’ONG Unity intervient dans diffèrents secteurs; l’éducation, la biodiversité, la santé, l’handicap et le droit des femmes. Badis continue de rêver grand. La prochaine étape, développer les actions humanitaires de Unity dans 85 pays du monde.

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