Théâtre :l’Arlequin de Goldani tente de s’adapter à la Halqa

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Théâtre :l'Arlequin de Goldani tente de s'adapter à la Halqa
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« Arlequin valet des deux maîtres », l’œuvre majeure de l’italien Carlo Goldoni, traduite par Abdelkader Alloula, a été reprise, sous une forme contemporaine, par Ziani Chérif Ayad.


« Arlequin valet des deux maîtres » est la pièce, produite par le Théâtre régional d’Oran (TRO), pour la compétition du 14ème Festival national du théâtre professionnel (FNTP) qui se déroule jusqu’au 21 mars au Théâtre national Mahieddine Bachtarzi (TNA), à Alger. Le texte de Abdelkader Alloula a été traité par Mohamed Bourahla sur le plan dramaturgique et la pièce, montée en hommage au metteur en scène de « El Ajouad » et « Legoual », a déjà connu, depuis 2018, plusieurs versions.


« La première version était d’une durée de plus de trois heures. En 2018, nous avons proposé ce travail artistique au TNA. Alloula avait travaillé autant au TNA qu’au TRO. Les deux théâtres devaient donc lui rendre un hommage. Ziani Chérif Ayad a monté un nouveau spectacle sans reproduire la pièce de Alloula.

Le spectacle est d’une durée de 80 minutes avec un changement dans la distribution de comédiens », a précisé  Mourad Senouci, directeur du Théâtre régional d’Oran, lors du débat après le spectacle.   Il rappelé que « Arlequin valet des deux maîtres » était la dernière pièce mise en scène par Abdelkader Alloula en 1993, avant son assassinat en mars 1994 par des terroristes à Oran.

Arlequin au temps du « Théâtre populaire »

« A l’époque, Alloula cherchait un modèle nouveau du théâtre populaire, appelé « masrah el halqa ». C’était une expérience encore en gestation. Sans fournir trop d’efforts, certains chercheurs ont soutenu que Alloula avait abandonné ses visions artistiques en retournant au théâtre classique. C’est faux », a souligné Mourad Senouci. Selon lui, Alloula avait bien expliqué le choix de la pièce de Carlo Goldoni. « En 1993, le monde entier célébrait le bicentenaire de Goldoni.

Alloula disait que l’Algérie ne devait pas restée isolée, faisait partie du monde, et devait donc célébrer Goldoni comme les autres pays. La deuxième raison est qu’en 1993, l’Algérie vivait une pénible période avec le terrorisme. Nos jeunes avaient besoin d’amour et d’humour. Tout cela existait dans la pièce d’Arlequin », a encore noté le directeur du TRO.   Il a relevé qu’Alloula trouvait une certaine ressemblance entre le théâtre de la halqa et la Comedia Dell’arte en ce sens que le public connait l’histoire du début à la fin. « Le public vient pour apprécier l’interprétation des comédiens », a-t-il noté.

Musique vivante

Ziani Chérif Ayad, dans le spectacle revu et corrigé, a donc monté un pièce en sollicitant l’idée du cercle (el halqa) exprimée par la scénographie imaginée par Arezki Larbi. Les comediens évoluent dans dans un cercle entouré de tabouret et accompagnés de musique vivante, composée par Salsabil Baghdadi. Un chanteur et un musicien, munis de oud et de percussion, complètent le jeu des comédiens pour former un ensemble dramatique.

Les personnages de la pièce initiale de Goldoni sont maintenus à l’image de Pantalon (interprété par Djahid Dine Hanani), le marchand avare de Venise, Clarice, sa fille, Silvio, le fiancé de Clarice, Béatrice, soeur de Federigo Rasponi, premier fiancé de Clarice assassiné, Florindo, amant de Béatrice, Sméraldine, femme de chambre de Clarice, et Arelquin, serviteur de Béatrice et de Florindo.


« C’est pour nous, une expérience. Comment passer de la Comedia Dell’arte au théâtre de la halqa. Est-ce possible ? On veut le savoir en analysant la réaction du public à chaque fois. Cela dit, on ne doit pas nous reprocher de faire rire le public « , a estimé Mourad Senouci.  Il a expliqué que Ziani Chérif Ayad, actuellement en France, a également joué le rôle de metteur en scène formateur, en encadrant des jeunes comédiens, à la faveur d’une nouvelle démarche du TRO.


Espace ouvert

Lors des débats, les intervenants se sont interrogés si le spectacle pouvait se jouer dans un espace ouvert, puisque le théâtre de la halqa est d’abord une représentation de rue, loin du théâtre à l’italienne (salle), comme l’était la Comédia Dell’arte, à ses débuts aux XVIème siècle en Italie.

« Arlequin maître des deux valets » a été écrite par Goldoni en 1746. A l’époque, le dramaturge italien voulait moderniser quelque peu la Comedia Dell’Arte, un théâtre populaire comique basé sur le jeu d’acteur et l’improvisation, en lui fournissant des textes et en améliorant le canevas.

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